Pierre Bottero, Tour B2 mon amour

Publié le par calypso

 

« - Je vous amène la nouvelle élève.

Silence total. Tristan avait une drôle de boule nouée à l'intérieur du ventre. Une boule faite d'un sentiment étrange qu'il n'avait pas envie d'analyser. Pas encore. »

Dans la rue de Vienne où se dresse la tour B2, un premier amour s'écrit sur le béton.

 

Tristan vit seul avec sa mère dans la Tour B2 de la cité qui l’a vu grandir. Plutôt discret, l’adolescent est un fin observateur de tout ce qu’il se passe dans cet univers bétonné : il voit ses amis céder à l’appel de l’argent facile et sait que les chats font rarement long feu dans le secteur à cause de Maurice, un retraité psychologiquement instable. Un soir justement, alors que son ami Mourad lui a posé un lapin et que Maurice s’est exercé au tir, Tristan découvre, près du cadavre d’un chat, une frêle silhouette recroquevillée. La silhouette s’appelle Clélia, elle est en larmes et elle va bouleverser la vie de Tristan…

Tour B2 mon amour n’est certes pas un roman très original mais il a le mérite d’être bien écrit. La plume de Pierre Bottero est précise, légère et poétique. L’histoire d’amour entre Tristan et Clélia évolue sans doute un peu trop rapidement mais la brièveté du roman n’y est pas pour rien, et ce n’est jamais au détriment de la profondeur. La personnalité des protagonistes est assez bien dessinée et digne d’intérêt : il est réservé, sensible et idéaliste ; elle est mordante, méfiante et fière. Tous les deux sont, à leur manière, des solitaires et c’est de cette solitude que va naître un rapprochement aussi déstabilisant que salvateur.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Clélia était assise sur un banc, les genoux remontés contre la poitrine, sa vilaine veste jaune roulée en boule à côté d’elle. Elle répondit à sa mine ahurie par un sourire si lumineux qu’il douta brièvement de sa réalité. Se pouvait-il que cette fille ne soit qu’un rêve ? » (p.63)

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