Oscar Wilde, L'Anniversaire de l'infante

Publié le par calypso

 

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« La petite princesse allait et venait sur la terrasse avec ses compagnons et jouait à cache-cache autour des vases de pierre et des vieilles statues couvertes de mousse. Pour les jours ordinaires, il ne lui était permis de jouer qu'avec des enfants de son rang, de sorte qu'il lui fallait toujours jouer seule, mais son anniversaire était une exception, et le roi avait donné des ordres pour qu'elle invitât tous les jeunes amis avec lesquels il lui plaisait de s'amuser. »

 

« L’Anniversaire de l’infante » : L’infante a douze ans ! Vive l’infante ! Pour son anniversaire, on lui a organisé une grande fête d’anniversaire. Pour une fois, elle peut jouer avec des enfants de son âge, ce qui, en temps normal, lui est interdit. Comprenez bien, elle n’est autorisée qu’à jouer avec des enfants de son rang… Mais de son rang, il n’y en a guère. Sa mère est morte quelques mois après lui avoir donné naissance, alors, forcément, le lecteur s’apitoie devant cette fillette solitaire qui se régale des plaisirs simples de l’enfance en compagnie de ses camarades de jeu éphémères. On mime un combat de taureau, on apprécie un menuet, on joue à cache-cache, on admire les équilibristes et les jongleurs, on s’émerveille devant le jeu sans pareil des marionnettistes. Puis, vient le tour d’un jeune nain, il danse, s’agite, voit les spectateurs rire, cela le remplit de bonheur. Seulement, il est laid et difforme. Il ne connaît pas la cruauté dont sont capables les hommes – et les fillettes. Il aurait dû rester dans la forêt !

« L’Enfant de l’étoile » : Alors qu’ils marchent dans la forêt, deux bûcherons assistent à un drôle d’événement. Une étoile se décroche du ciel assombri et vient se poser derrière un buisson. Dans le manteau brodé d’or qu’ils découvrent à la place de l’étoile, se trouve un petit enfant. Que faire ? Ils sont si pauvres et ont déjà des enfants à nourrir. L’un des bûcherons a toutefois pitié du petit être et l’emmène chez lui. L’enfant grandit au sein de la famille modeste et aimante du bûcheron. Mais sa beauté l’a rendu particulièrement vaniteux, égoïste et cruel : il méprise les autres enfants, n’a aucune pitié pour les pauvres et prend plaisir à maltraiter les animaux. Un jour, une vieille mendiante arrive dans le village et elle est immédiatement prise pour cible par l’enfant. Les informations données par le bûcheron qui lui est venu en aide lui font comprendre que cet enfant est son fils ! Le jeune éphèbe n’a que faire d’une pareille mère et la rejette. Grave erreur…

Ces histoires d’Oscar Wilde sont deux magnifiques contes écrits dans la plus pure tradition. Le merveilleux n’en est pas absent : les animaux et les fleurs parlent et la magie n’est jamais très loin. Mais il n’étouffe pas le récit et la part belle est faite aux sentiments humains. Le premier conte est particulièrement cruel, à l’image de ces roses qui n’hésitent pas à blesser de leurs épines le pauvre enfant difforme. Le deuxième est assez différent ; il prend la forme d’une quête pour l’enfant de l’étoile, qui va tenter d’obtenir le pardon de sa mère et devoir subir une série d’épreuves. On pourrait croire que ce deuxième conte finit bien, mais ce serait sans compter la subtilité et l’ironie de l’auteur irlandais.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Ce que le nain avait peut-être de plus amusant était la totale inconscience de son aspect grotesque. En vérité, il semblait parfaitement heureux et plein d’entrain. Quand les enfants riraient, il riait aussi franchement, aussi gaiement qu’eux et, à la fin de chaque danse, il leur faisait la plus comique des révérences, souriant et leur adressant des signes de tête, tout comme s’il était vraiment l’un d’entre eux et non ce petit être contrefait que la nature, par quelques facétieux caprice, avait façonné pour servir à autrui d’objet de raillerie. » (« L’Anniversaire de l’infante », p.28)

 

« En vérité, il était très épris de la beauté et les faibles et les disgraciés servaient de cible à ses railleries. Il vénérait sa petite personne et, en été, quand les vents étaient calmes, il se couchait au bord de la source, dans le verger du prêtre, et contemplait son merveilleux visage et riait de plaisir à la vue de sa propre beauté. » (p.64)

 

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E
J'adore cet auteur et je n'ai pas encore lu ces textes!
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N
Je ne connaissais pas ce titre de Wilde ! Et j'en profite pour te souhaiter une très belle année !
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C


Merci Noukette, bonne année !



S
Je ne connaissais pas du tout ces contes et ton billet me donne envie de les découvrir : ils ont tout pour me plaire :-)
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A
Un auteur qui me parait difficile pour des jeunes. Mais pourquoi pas.
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C


Le premier conte, surtout, est difficile.



M
Je ne connaissais pas du tout ces histoires d'Oscar Wilde mais j'avoue que je suis bien tentée.
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