Annie Saumont, La guerre est déclarée et autres nouvelles

Publié le par calypso

 

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Un homme hanté par le souvenir des camps d'extermination, où, kapo, il a conduit celle qu'il aimait à la mort sans dire un mot ; un autre, rongé par le remords parce que, sous l'Occupation, recueilli par des fermiers, il a provoqué l'arrestation de Sarah, la petite fille qu'ils hébergeaient ; un troisième, confronté à un terrible dilemme : livrer le meurtrier d'un soldat allemand pour permettre à cinquante otages de garder la vie sauve - ou se taire...

Dans chacune des nouvelles de ce recueil, la guerre est un moment de crise qui révèle les personnalités et marque les individus à jamais.

 

Attention ! Ce billet va être très court car  j’ai lu ce recueil au début du mois de septembre… Il arrive que ma mémoire me fasse défaut : je peux adorer un roman et en avoir oublié, deux ans plus tard, les éléments essentiels. Alors, avec les nouvelles, n’en parlons pas !

Ce que je peux dire de ce recueil, c’est qu’il ne m’a pas complètement convaincue. Bien sûr, le titre tient ses promesses : c’est la nouvelle « La guerre est déclarée » qui donne son titre au recueil car la guerre en est le thème central. Le problème, je pense, ne vient pas tant des histoires racontées que de la manière dont elles sont justement racontées.

Si vous ne connaissez pas encore Annie Saumont, je vous conseille de lire une de ses nouvelles car elle a un style bien à elle, résolument moderne, où récit et dialogue s’entrecroisent sans limite apparente, mais qui peut être un véritable obstacle à la lecture. La première fois que j’ai entendu parler d’Annie Saumont, c’était au lycée. A cette époque, je n’avais pas lu mais entendu une de ses nouvelles, lue par ma prof de français. J’avais beaucoup apprécié ce style haché, très oralisé. Il faut sans dire lire à haute voix les nouvelles d’Annie Saumont pour vraiment entrer dans son univers. J’ai lu par la suite quelques unes de ses nouvelles que j’ai bien évidemment oubliées au fur et à mesure. Mais si je devais vous en conseiller une, ce serait « Il revenait de Chicago, Papa » parce qu’elle est incroyable d’intensité.

Mais revenons à notre recueil. J’ai eu du mal à entrer dans les nouvelles de ce recueil car le style m’a gênée. Peut-être une inadéquation entre le thème (tourné vers le passé) et le style (très moderne, comme je l’ai déjà dit)… je ne sais pas. Mon avis est toutefois très positif en ce qui concerne deux nouvelles : « Les voilà » et « La composition d’orthographe » que j’ai vraiment pris plaisir à lire. Dans « Les voilà », l’utilisation du point de vue interne est extrêmement bien maîtrisée et donne à la nouvelle toute sa force. La nouvelle évoque, de manière implicite, le massacre d’un village entier qui n’est pas sans rappeler celui d’Oradour-sur-Glane. « La composition d’orthographe » est l’histoire d’un dilemme : un photographe a, par le plus grand des hasards, photographié le visage d’un homme qui a tué un lieutenant allemand. Dans une école où il doit photographier les élèves, il aperçoit une affiche. Cinquante otages seront tués en représailles, à moins que des informations importantes ne soient délivrées. Vaut-il mieux dénoncer le meurtrier (mais en est-il vraiment un ?) ou sauver la vie de cinquante hommes ? J’ai également apprécié, dans une moindre mesure, « Le cri », l’histoire d’un homme qui s’est tu lorsque la femme qu’il aimait a été déportée et qui gardera le silence jusqu’à sa propre fin.

Finalement, mon billet n’est pas si court…

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

«  Je me souviens, dit-il. Partout on entendait plus que ça, Les voilà les voilà. Dans les bistrots chez le boulanger le cordonnier le droguiste, au bureau de tabac à la sortie de l’école et même sous le porche de l’église tandis que près du bénitier s’effleuraient les doigts mouillaient d’eau consacrés. Partout et toujours un murmure obstiné une rumeur persistante, Les voilà ils arrivent. » (« Les voilà », p.37)

 

 

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V

Vu que je ne suis pas fan de nouvelles, je passe ...


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A

De très bonnes nouvelles qui m'ont réconciliées avec le genre.


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P

Voilà un recueil qui me tente beaucoup, malgré tes réserves!


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C


J'aimerais beaucoup lire d'autres avis.



V

si je l'avais lu en septembre... je crois que j'aurais tout oublié!
Je l'ai aussi dans la PAL celui-là...


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C


J'ai oublié les nouvelles que j'ai moins aimées.