Nine Moati, Mon enfant, ma mère

Publié le par calypso


 

 

C'est dans le paradis perdu de son enfance que Nine Moati nous invite, un paradis sur lequel régnait sa mère, à qui elle vouait un amour absolu.

Mais, dans cette Tunisie parfumée de menthe et de jasmin, le bonheur prend fin brutalement. La mère de Nine Moati disparaît au moment même où le pays devient indépendant. La jeune fille d'alors décide de quitter les lieux de son enfance pour rejoindre Paris.

Bien des années plus tard, quand Nine à son tour va donner la vie, le temps pour elle s'abolit : « Man, j'ai l'impression que je suis toi enceinte de moi. »

Les liens exceptionnels qui unissent les mères à leurs filles, et le précieux héritage qu'elles transmettent sont racontés ici avec une émouvante simplicité.

 

Nine Moati a écrit ici un très joli roman sur un thème que j’affectionne tout particulièrement : celui de la relation entre l’enfant et la mère. Ma PAL contient encore trois titres sur le sujet ! Et je ne saurais trop vous conseiller le magnifique roman autobiographique d’Albert Cohen, Le Livre de ma mère, qui est un de mes livres préférés.

C’est en donnant naissance à sa propre fille que Nine Moati replonge dans une époque lointaine, au moment du décès de sa mère qui l’a bouleversée. Le passé et le présent s’entremêlent au fil des pages : le souvenir de la chaleur de cette mère tunisienne aimante vient rétablir l’équilibre brisé par sa mort. De très jolis passages ponctuent l’œuvre, comme cette visite de Nine au cimetière où est enterrée sa mère, visite durant laquelle elle regrette de voir sa tombe à l’abandon et privée de fleurs.

Un roman autobiographique (le premier de Nine Moati) émouvant, triste, mais tellement beau…

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Tu es ma mère, tu viens de mourir, je suis assise près de toi et il ne se passe rien. Le vide en moi. »

 

« On me viole, on me fait mal en m’obligeant à passer des minutes loin de toi. Je ne veux plus respirer que toi, par toi. Toi, moi, toi et moi, notre amour, nos silences, notre pudeur, notre force sombrent dans la mort. Je mange goulûment notre vie, je dévore nos restes. Je nous enferme dans ma mémoire, pour des années, des siècles, pour ce qui me reste à vivre sans toi… »

 

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H
Très bel article ! J'adore moi aussi les livres qui parlent des mères et de la maternité et, comme toi, "Le Livre de ma mère" m'avait beaucoup émue à l'adolescence déjà. Le cadre de l'histoire m'attire aussi beaucoup. Merci pour ce partage !
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C


Je serais ravie que vous puissiez tous apprécier cette oeuvre.



P
Pourquoi ce qui est beau est souvent aussi ce qui est triste?
Pourquoi est-il plus facile d'écrire des choses tristes que des choses gaies? Peut-être parce que ces choses nous émeuvent beaucoup.
Je ne connais pas ce livre mais il me tenterait bien si ma bibliothèque en acceptait encore un...
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C

Je ne sais pas si écrire des choses tristes est plus facile qu'écrire des choses gaies... quoi qu'il en soit, l'émotion qui passe à travers ce genre d'oeuvres est si
sincère qu'elle devient vite contagieuse.


É
Oui ton commentaire et ta présentation me donnent bien envie de lire ce livre...
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E
Ce livre a l'air très touchant...cela me fait penser à un slam que j'ai entendu cet après-midi...
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C

Il est très touchant en effet.


M
Un thème que j'affectionne également sans parler du Livre de ma mère que j'aime d'amour et que j'ai dû offrir une dizaine de fois...
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C

Ravie de voir que nous partageons le même avis sur Le Livre de ma mère.


N
Je ressens exactement les mêmes impressions que les demoiselles qui ont posté avant moi :)
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C

J'espère que vous ne serez pas déçues si vous le lisez !


P
Quel enthousiasme! Ca me donne envie de découvrir ce livre et surtout cet auteur que je ne connais pas du tout!
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C


C'est le premier roman que je lis d'elle.



S
Un joli billet pour un roman qui semble très joli lui aussi ;)
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C

Je l'ai dévoré.