Kiran Millwood Hargrave, La Fille d'encre et d'étoiles

Publié le par calypso

 

 

Chacun de nous porte sur sa peau la carte de sa vie, dans sa façon de se mouvoir et même dans sa façon de grandir.

Un voyage envoûtant.

Un ennemi ancestral.

Une amitié indestructible.

 

Forcément, on est attiré par le fait que ce roman ait rencontré un énorme succès en Angleterre… C’est écrit partout, sur le bandeau, sur Internet. C’est le premier roman de l’auteur et, déjà, il est élu « meilleur roman jeunesse 2017 » et obtient le prix des libraires Waterstones. On sait que la littérature de jeunesse est très largement reconnue au Royaume-Uni et on prend ces distinctions comme un gage de qualité.

Forcément, on est séduit par la couverture qui est absolument magnifique, et c’est une adulte qui parle, alors inutile de préciser qu’elle saura plaire aux adolescent(e)s. Cet orange, ce bleu, ça brille et c’est beau. Il y a cette silhouette de jeune fille qui semble sortir de terre et qui donne l’impression d’entretenir avec les éléments naturels un lien tout particulier.

Forcément, on est intrigué car la quatrième de couverture ne souffre pas d’une surabondance de détails. Elle est suffisamment énigmatique pour que l’on se pose quelques questions et que l’on ait envie de tourner quelques pages, au moins pour voir.

Forcément, on a envie de commencer cette lecture, mais on est arrêté chemin faisant par cette couverture qui se déplie et nous permet de découvrir deux cartes : l’une semble être la surface de l’île de Joya, l’île telle qu’elle est visible par ses habitants, l’autre – intitulée « l’île de Joya révélée » – semble mettre à jour un réseau de tunnels a priori secrets.

Et forcément, on est déçu. Déçu parce qu’on nous a trop promis. L’histoire vécue par Isabella, l’héroïne, n’est pas désagréable à lire, bien au contraire, et elle comporte même quelques très bonnes idées qu’il est important de mentionner : dans le désordre, l’impossibilité pour les habitants de quitter l’île, une carte du monde qui semble redistribuée et qui interroge, le lien père/fille, toutes les références et allusions à l’art de la cartographie, la construction progressive d’une mythologie. Il y avait de quoi faire quelque chose de vraiment sympa, d’original, tout en restant dans une veine qui plaît bien aux jeunes en ce moment, à savoir : un endroit différent avec ses propres codes, ses propres lois, et des personnages qui cherchent à en savoir plus sur l’origine de leur situation. La déception tient au fait que tout est survolé. Les portraits des personnages ne sont qu’esquissés et cela peut donner l’impression qu’ils manquent de profondeur. Il est question de légendes mais le passé plus proche est assez peu évoqué, j’aurais personnellement aimé en savoir bien plus sur l’île que ce que je n’ai finalement appris. J’ai parfois eu l’impression que l’on passait du coq à l’âne et j’ai même cru que j’avais manqué des informations. En clair, il se passe trop de choses en 260 pages. Dommage ! L’histoire avait un gros potentiel !

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« - Crois-tu au destin ?

- Oui. Non. Peut-être...

- Réponds-moi, petit.

- Mon père dit que c'est un mot utilisé par ceux qui ne veulent pas assumer la responsabilité de leur propre existence. » (p.143)

 

 

Publié dans Littérature anglaise

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