Hollie Overton, Baby Doll

Publié le par calypso

 

 

La nouvelle vie de Lily Riser commence un soir d’hiver glacial. Seulement vêtue d’un pyjama, elle passe la porte. Elle serre sa fille dans ses bras. Et se met à courir. Loin de la cabane dans la forêt, loin du père de Sky, de cet homme qui l’a séquestrée pendant huit ans et qui, pour la première fois, n’a pas fermé la serrure. Lily est libre, mais ce n’est pas pour autant que leur calvaire est fini. L’enlèvement et les sévices qu’elle a subis ne l’ont pas seulement marquée à vie, sa disparition a aussi détruit sa famille – surtout sa soeur jumelle qui ne s’est jamais remise de sa disparition. Tous tentent tant bien que mal de reconstruire un avenir, sans se douter qu’ils vont être à nouveau mis à rude épreuve.

Depuis sa cellule de prison, le ravisseur de Lily compte bien punir sa Baby Doll pour sa désobéissance…

 

C’est l’histoire de Lily Riser, adolescente enlevée un soir d’hiver, ou plutôt l’histoire d’une déception. Je pose ça là, comme ça, parce que vraiment, j’ai l’impression de m’être fait avoir par la quatrième de couverture. D’abord, j’ai eu un peu peur… Entendons-nous, je n’étais pas terrifiée, j’ai eu simplement peur que le roman soit librement – ou grandement, j’ai hésité – inspiré de Room d’Emma Donoghue. Lorsque nous découvrons Lily Riser, elle est déjà séquestrée depuis plusieurs années (point commun n°1). Son ravisseur lui a gentiment offert de la compagnie en la personne de Sky, sa fille, leur fille donc (point commun n°2, c’était un petit garçon dans Room, mais passons). On a quelques informations sur leur quotidien, le lieu dans lequel elles vivent, la présence d’un placard dans lequel la petite Sky doit se réfugier de temps en temps (point commun n°3). Ensuite, elles s’échappent (point commun n°4). Mais mon appréhension a fini par s’évanouir car la suite n’a rien à voir avec Room et j’étais donc davantage disposée à lire un roman « neuf ». Seulement, on m’a promis un thriller, alors moi, bête et disciplinée, j’attends un thriller. Problème : le gros méchant pervers se retrouve très rapidement derrière les barreaux, il ne faut pas longtemps pour comprendre que : 1. Ses actions vont être sacrément limitées. 2. Il va être question de pression psychologique. 3. Il a peut-être un complice. Et ça, ça pose un problème. Ça pose un gros, très gros problème, car le lecteur averti et imaginatif est obligé d’échafauder des théories farfelues tout en attendant le gros coup de théâtre, celui que jamais personne n’aurait pu voir venir. Sauf que là, rien ne se passe. Absolument rien. Cela aurait pu être un très bon thriller psychologique sur l’angoisse ressentie après huit années de captivité, cela aurait pu être un très bon thriller sur la menace psychologique que peut maintenir un individu derrière des barreaux sur sa proie. Mais il n’en est rien. La psychologie des personnages n’est pas crédible, du moins leurs réactions, leur réadaptation, leurs réflexions sont parfois vraiment très étranges et, surtout, parasitées par des données qui ancrent le récit dans un entremêlement d’histoires amoureuses dont le lecteur (moi, en l’occurrence) se serait bien passé. Et que dire de cette promesse : « Depuis sa cellule de prison, le ravisseur de Lily compte bien punir sa Baby Doll pour sa désobéissance… » ? Hormis l’événement de départ et les huit années de séquestration, l’ensemble est tout de même bien gentillet. Quand je lis un thriller, j’aime me faire avoir, mais je n’aime pas me faire avoir. A méditer.

 

Je remercie les Editions Mazarine et Léa du Picabo River Book Club pour l’envoi de ce livre ! 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Un verrou a un son bien à lui. Lily était devenue experte à reconnaître certains bruits – le craquement des lattes du plancher signalant qu’il arrivait, les souris galopant sur le ciment en quête de nourriture. Mais elle rassemblait toujours son courage quand elle était à l’affût du verrou, du grincement du métal contre le métal. » (p.7)

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
Coucou,
le résumé m'avait bien tenté aussi Mais je ne l'ai pas lu.
Je comprends ta déception car je n'aime pas quand le résumé promet quelque choses at qu'au final ça retombe comme un soufflet!
Merci pour ta chronique.
Maryline
Répondre
C
Merci pour ta visite, Maryline !