Camille Pujol, Le Journal d'une âme rêveuse

Publié le par calypso

 

 

Alors que l’été touche à sa fin, Adélaïde annonce à Noah qu’elle part et ne souhaite pas le revoir. Tout ce qui reste d’elle désormais, c’est la clé d’une boîte postale qui accompagne sa lettre.

Dans cette boîte, Noah trouve une enveloppe contenant le journal d’Adélaïde. Celle-ci y décrit ses rêves, ses espoirs, mais aussi le drame secret que cache ce départ précipité. Mais Noah n’a pas dit son dernier mot, et si Adélaïde pense que tout est perdu, le garçon est déterminé à lui montrer qu’ensemble ils peuvent réaliser un nouveau rêve. Même s’il s’agit peut-être du dernier.

 

Adélaïde va entrer à Sciences Po avec son meilleur ami Noah. La dernière soirée qui précède leur entrée dans la vie étudiante aurait pu laisser la part belle aux rires et aux confidences si Elias, le troisième membre du trio, n’avait pas eu à rentrer précipitamment chez lui et si Adélaïde n’avait pas paru si lointaine… Avant de quitter Noah, son comportement mystérieux s’intensifie : elle lui remet une enveloppe que le jeune homme ne devra ouvrir qu’après minuit. Le lendemain matin, Noah découvre que l’enveloppe contient la clé d’une boîte postale et comprend qu’Adélaïde est véritablement partie. Il découvrira, guidé par Adélaïde elle-même, les événements qui ont préparé son départ.

Si ce roman de Camille Pujol n’est pas désagréable à lire, on ne peut pas occulter le fait que l’on voit les événements arriver à dix kilomètres. On finit même par se demander comment les personnages eux-mêmes font pour ne pas les voir arriver eux aussi. Vous l’avez compris, en terme de suspense, ce n’est pas le roman du siècle. À la limite, ce n’est pas dramatique… Si je veux un vrai suspense, si je veux être étonnée, je me tourne vers un autre genre plus à même de m’apporter ce que je désire. Il y a de très bons romans qui disent tout, dès les premières lignes, ou qui laissent entrevoir aisément l’issue. Dans ce cas, la lectrice que je suis s’attache à autre chose… La profondeur des personnages, la beauté des situations, et surtout l’écriture. Je peux lire un roman qui ne raconte presque rien : si je suis transportée et émue par l’écriture, c’est gagné. Pardon pour la digression. Le Journal d’une âme rêveuse raconte bel et bien quelque chose, il y a un contenu indéniable mais c’est un roman qui m’a donné l’impression de survoler un sujet lourd et difficile. C’est un roman qui tire sur la corde sensible par les thèmes qu’il aborde et ça, je trouve que c'est un peu facile. Disons que ça sonne comme du déjà vu, la beauté de l’écriture en moins. En fait, l’histoire est émouvante – qui ne serait pas touché ? – mais le roman ne l’est pas forcément. Ce petit plus que j’aurais aimé avoir, cette finesse de la pensée et cet éclat des mots auxquels je suis attachée, je n’y ai pas goûté ici. L’écriture est assez quelconque. Cela dit, je découvre l’auteure qui a visiblement eu pas mal de succès avec son premier roman, Blue, et j’ai l’impression qu’elle est assez jeune. Cela pourrait expliquer ce style très scolaire qui a gêné ma lecture. Je me mets maintenant à la place de grands adolescents. Attention, ils ne sont pas moins pointilleux, ils ont besoin aussi d’être séduits par l’écriture et touchés par l’histoire, mais ils seront peut-être moins freinés que moi par les détails stylistiques et l’aspect un peu mécanique de la narration. Ils seront, en outre, embarqués plus rapidement dans cette aventure vécue par des personnages de leur âge et se sentiront concernés par les problématiques évoquées dans le roman, l’avenir, les choix, l’amitié fille-garçon, l’amour.

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas. Les coups je les ai reçus quand j'étais gosse et les marques je les ai cachées jusqu'au bout, alors à moi, on ne me la fait pas. » (p.42)

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
je n'avais pas aimé Blue, j'ai donc fait l'impasse sur celui ci, je crois que j'ai bien fait.
L'auteur est très jeune oui! Elle va pouvoir progresser :)
Répondre
C
Oui, tu as bien fait... La maturité littéraire viendra. ;-)