Arthur Ténor, La Théorie du complot

Publié le par calypso

 

On nous ment ! Oui, mais qui ?

Sébastien, passionné de canulars et autres farces sur Internet, prend un malin plaisir à alimenter la grande mode de la théorie du complot.

Les attentats du 13 novembre ? Une aubaine pour créer son propre site d'informations frauduleuses et lancer les rumeurs les plus farfelues. Un hobby apparemment innocent, qui va le mettre sur le chemin de personnes bien malintentionnées.

Malheureusement, quand l'euphorie de la célébrité se dissipe, Sébastien est déjà bien trop pris dans la toile pour en sortir indemne... Alors, info ou intox ?

 

170 pages dévorées en un après-midi. La Théorie du complot est un roman très actuel qui surfe sur une problématique largement abordée par les médias ces derniers mois, voire ces derniers jours, puisqu’une étude est sortie début janvier : 79 % des Français sondés croient au moins à une théorie du complot. Les jeunes sont parmi les plus nombreux à adhérer à ces théories. Arthur Ténor, valeur sûre de la littérature de jeunesse, ne se trompe donc pas de cible en proposant aux adolescents ce roman intelligent et non dénué d’humour. Le personnage principal, Sébastien Karminsky, est un adolescent surdoué et solitaire, mais il est surtout, sous ses airs de geek innocent, un « lanceur d’alertes bidon » ou « concepteur de hoax » si vous préférez. Tester les limites de l’information et interroger sa diffusion l’amusent plus que tout. Il publie sur divers forums des informations toutes plus farfelues que les autres, mais crédibles visiblement puisqu’elles font beaucoup parler. Le soir du vendredi 13 novembre 2015, il assiste à l’horreur à travers son poste de télévision et cela lui donne l’idée de créer un site d’informations sur le sujet. Très vite, il est contacté en message privé par un certain Lucidas qui prétend détenir des informations confidentielles…

Le personnage de Sébastien nous est tout de suite rendu très sympathique par son côté complètement décalé dû à son autisme, j’ai eu un doute au départ mais son trouble est clairement mentionné par la suite. De fait, son passe-temps qui consiste à diffuser des hoax pourrait nous paraître un peu limite mais il devient surtout atypique quand on connaît le personnage. A travers lui, nous découvrons le lien étroit entretenu entre les adolescents et Internet, inépuisable sujet de conversation dans les cours de récréation. Il est toujours intéressant de voir à quel point les jeunes – et les moins jeunes d’ailleurs – sont facilement manipulés par des informations rapidement considérées comme fiables sous prétexte qu’elles sont partagées par divers médias. Au-delà de la fausse information, un autre thème est abordé dans ce roman : le recrutement des jeunes par les djihadistes via les réseaux sociaux. Là encore, le roman offre une piste de réflexion convaincante.

 

 

 

L’œuvre en quelques mots…

 

« Son isolement social lui inspire, chaque fois qu'il revient squatter son humeur, un sentiment douloureux. Ce n'est pourtant pas de sa faute s'il est solitaire ; il n'est ni grincheux ni méchant ni asocial ni... encore que, l'honnêteté intellectuelle l'oblige à reconnaître qu'il doit quand même avoir sa part de responsabilité. » (p.16)

 

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